Qu’est ce que le langage ? Un simple souffle, une série de sons mis ensemble. »
Maria Montessori, l’Esprit Absorbant
Le langage est un mode d’expression que notre civilisation s’est approprié et dont les codes sont propres à chaque culture. « Il est l’expression d’un accord entre hommes d’un même groupe ; il ne peut être compris que par ceux qui se sont mis d’accord sur la représentation de certaines idées par certains sons. » ajoutait-elle.
Deux sens sont mis à contribution pour assimiler ce mécanisme qu’est celui du langage. Dans le cortex du cerveau coexistent deux centres. L’un auditif, pour entendre le langage. L’autre moteur, pour le produire. Seul l’enfant de moins de trois ans peut construire ce mécanisme. Il peut également parler autant de langues qu’il y en a dans son environnement à sa naissance.
« Ce travail commence dans les ténèbres du subconscient, où il se développe et se fixe d’une façon permanente. » disait Maria.
Le développement du langage
À deux, trois, quatre mois, l’enfant s’éveille déjà à la musicalité de la voix humaine. Il est captivé par les lèvres qui remuent, émettant des sons. Et lorsque le langage apparaît au grand jour, c’est d’abord par syllabes. Puis plusieurs mises bout à bout. Enfin, l’enfant donne peu à peu consciemment un sens aux mots.
Et soudain, toute la syntaxe, la grammaire, genre, nombre, temps et modes du langage surviennent par bonds successifs. C’est ce que Maria Montessori appelle « le phénomène d’explosion » où se déclenche une cascade de mots, employés parfaitement après l’âge de 2 ans.
Ce travail préparé intérieurement a soudainement fait irruption et l’enfant ne peut plus contenir ce flot interrompu de mots. Car enfin, sa pensée peut s’exprimer
« Les sons dont on se sert pour composer les mots sont peu nombreux, mais ils peuvent s’unir de bien des manières pour former les mots, et ces mots peuvent se grouper de bien des manières pour former une phrase qui exprimera une pensée. ». Maria Montessori, L’esprit Absorbant
Mais voilà, pour l’enfant dont je vais parler, les mots ont beau avoir une signification et non simplement une musique. Cet enfant a beau lutter en conscience pour prononcer un mot, il n’y arrive pas. Pourtant, il a bientôt 4 ans.
Pourtant les mots pour lui ont bien du sens. Pourtant, il a une voix et la fait entendre. En riant, en gemissant, en criant même.
La confiance
Ses parents ont perdu confiance. Sont souvent à bout de force. Et l’enfant le ressent. Avec eux, il ne fait plus aucun effort. Il s’est peut être laissé convaincre. Ou alors, il ne parle pas parce qu’il pense qu’il ne peut pas parler.
Le langage, cette expression de soi, il en est privé. Lorsque je suis avec lui, nous sortons en ville. Et dehors, je nomme tout ce que je vois, tout ce qu’il touche et me tend. Un brin d’herbe, un banc, un trottoir. Et il rit. Et c’est notre jeu préféré.
Et un beau jour, deux ans après notre rencontre, à l’orée de ses 4 ans, il prend ma main et dit mon nom.
Ce jour là, j’ai eu besoin de m’assoeir sur le mot « banc », de prendre le mot « souffle » et de lui tendre le mot « joie ». Elle était indicible.
Cultivons le mot juste
Le langage se développe dans l’interaction avec le monde et les êtres, il construit et structure l’être à travers cela. Pour Maria Montessori, l’aspect le plus important dans le développement du langage est la confiance en soi. La confiance en soi se développe grâce à un environnement permettant cette acquisition.
Si l’enfant vit dans un milieu où l’on a confiance en lui. Où le langage est cultivé avec soin, Justesse et à son attention, alors ce dernier peut parler et se faire comprendre. Il est important que les êtres qui l’entourent veillent à lui communiquer un vraie qualité de langage. En aidant ainsi l’enfant, nous devenons les collaborateurs de son intelligence et de l’indépendance qu’il cherche à acquérir. Faisons lui confiance, respectons son rythme, il saura nous surprendre.




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