Son héritage en péril
Lorsqu’en 2014 j’entame le livre l’Enfant de Maria Montessori, je suis pleine de soupçons et d’à priori. Je ne sais pas à quoi m’attendre. Je crois que c’est une forme d’éducation alternative « à la mode » dans laquelle chacun met bien ce qu’il veut : du matériel Nature et Découverte en bois, des enfants qui font ce qu’ils veulent, trop de liberté, pas assez de cadre, de discipline.
Et me voilà troublée. Bouleversée même. Je n’ai pas lu ce livre. Je l’ai dévoré en quelques heures. Le temps, suspendu, et mon corps libre de tout contact, comme en lévitation. Je me dis que j’ai trouvé ma voie dans une autre voix : celle de Maria.
Avec ce livre, Maria Montessori a su déconstruire ma vision de l’Enfant. Et a bâti de nouvelles fondations. Plus justes, Plus saines.
Qu’est-ce-que c’est Montessori ?
Le nom Montessori est celui de la première femme médecin en Italie. Également Pédagogue et sociologue, elle a œuvré sa vie entière à la conception et au développement d’une méthode éducative basée sur l’humble observation scientifique de l’Enfant, sur l’aménagement d’un environnement préparé pour lui et sur la conception d’un matériel adapté aux différentes phases de son développement, de ses besoins et de ses sensibilités.
La pédagogie Montessori repose sur des principes rigoureux tel que le respect des besoins naturels de l’Enfant, des étapes de son développement, de son rythme individuel, de son apprentissage autonome (à travers l’interaction avec son environnement), de son mouvement, de sa liberté d’agir et de faire ses propres expériences.
Près d’un siècle plus tard, son nom, qu’elle n’a jamais protégé, est progressivement devenu une sorte de « marque », de « mode ». Sans que nous ne cherchions à saisir l’ampleur de ses travaux et l’importance capitale de respecter les principes fondamentaux de sa méthode.
Mentir pour vendre
Une liberté d’utilisation de son nom qui a donné lieu à toutes sortes de dérives.
Des livrets d’activités, des jouets, des vêtements, du matériel de puériculture. Tous ces produits qui aujourd’hui se nomment « Montessori » sous prétexte qu’ils sont : en bois, naturels, fonctionnels, épurés, originaux.
Maria, première femme médecin, sociologue, pédagogue, scientifique de renom, a passé tant années de recherches sur le cerveau humain, le développement de l’enfant et ses besoins naturels pour concevoir son matériel, avec des fonctions et dimensions précises, des finalités inhérentes précises, faisant appel à des notions scientifiques rigoureuses.
Alors, être écolo, respecter son enfant, être créatif, faire du bricolage, insérer des pièce de bois dans une jolie boite, faire des colliers de perles, découper des carrés de papier colorés, ça fait bien, mais ce n’est pas « Montessori ». Ce serait salir le travail titanesque qui se cache derrière ce Nom.
Respecter Maria
Maria Montessori parlait de l’Éducation comme premier instrument du changement de l’humanité. C’est dire ! Une clé pour la paix. Entre tous les hommes. Mais personne n’y prête une sérieuse attention, sinon nous n’en serions pas là aujourd’hui. A nous réveiller un siècle après, avec une École malade. Et des produits « Montessori » pullulant partout sans une once de cohérence et de rigueur.
Après avoir lu l’Enfant, donc, j’ai décidé de reprendre le flambeau à ma toute petite échelle. Par respect pour Maria. Par respect pour l’Enfant. Et nous sommes nombreux :
« Je me tourne aujourd’hui vers vous comme vers une famille qui doit poursuivre sa route. Elle est assurément jeune et forte, mais elle a bien besoin de foi et d’espérance et je voudrais lui donner un guide pour orienter son action. ».
Je finis le livre sur ces mots et un feu jaillit, sinueux, dans les entrailles de mon existence.
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