La maitresse peut rappeler sévèrement à l’ordre, crier, contraindre pour qu’un enfant écoute. Mais elle peut aussi apprendre qu’il existe un grand nombre d’autres moyens bien plus efficaces pour atteindre cet objectif.
Il faut bien plus de travail, de rigueur, de patience et de temps pour faire autrement. Le travail intérieur pour l’adulte est plus long, car il doit gagner en confiance en l’enfant, en humilité, en respect pour lui.
Il doit se remettre en question, s’ancrer dans le présent avec l’enfant et lutter contre les shémas qui lui ont été transmis. Lutter presque contre une société toute entière pour le protéger.
Il subsiste aujourd’hui une opposition douloureuse entre notre besoin irrépressible d’éduquer l’Enfant selon l’ensemble les règles que régit la société (acquisition de la culture, besoins de la vie sociale, impératifs de la bienséance) et l’urgence de respecter sa liberté d’être, d’agir et d’apprendre par lui même.
Par expériences successives (impressions, interractions, observations) à à son rythme. C’est une forme de sacrifice pour son individualité, pour sa personnalité.
Plutot que de jouir d’un cadre d’apprentissage destiné à s’épanouir, il doit se soumettre à l’obligation scolaire, au temps qui oeuvre contre lui et les attentes de son âge, il se fatigue, il obéit toute la journée en restant assis 8 heures sur une chaise.
La maitresse que j’étais a dû comprendre cela une bonne fois pour toute et renoncer au statut qu’on lui avait reconnu. Elle n’a pas la moindre influence immédiate sur l’enfant.
Que ce soit sur son éducation, sa personnalité ou sur son comportement. Elle n’est en rien supérieure à lui. Ni par l’expérience, ni par la culture.
Il a fallu à la maitresse que j’étais, se mettre au niveau de l’enfant, se défaire de sa vanité, se nimber d’humilité, pour obtenir un premier résultat flagrant : des enfants heureux d’apprendre à ses côtés.




0 commentaires